Certains lisent l’avenir dans une boule de cristal, d’autres au fond des tasses. Nous aussi, mais en y ajoutant une bonne dose de connaissance du secteur ! Alors alors, que va nous réserver le monde du café en 2026 ? Quelles tendances vont émerger, croître, ou disparaître ? Entre hausse des coûts, exigences environnementales et nouvelles attentes gustatives, les habitudes changent.
🌱 Une durabilité plébiscitée
Acheter un café responsable n’est plus une niche, c’est devenu une évidence. Selon la Global Coffee Platform (2024), plus de 73 % des volumes de café achetés sont désormais certifiés durables. C’est indéniable – et nous en sommes les premiers heureux : les consommateurs recherchent des cafés bio, équitablement rémunérés et torréfiés localement.
Bien sûr, le terme « durable » peut servir de cheval de Troie marketing ! Plus que jamais, une transparence et une honnêteté intellectuelle seront primordiales pour éviter le greenwashing.
💡 À lire : Le café durable, c’est quoi ? et La course aux labels du café éthique
☕ Toujours plus de grains
Bonne nouvelle : le café en grain continue de retrouver la place qu’il mérite. Face aux capsules et dosettes qui ont régné sur la pause café entre 2010 et 2020, les consommateurs redécouvrent le plaisir du grain fraîchement moulu. Plus aromatique, plus écologique et plus économique à long terme : il a tout bon !
Preuve en est : les ventes de machines automatiques avec broyeur ont bondi de plus de 20 % en Europe entre 2023 et 2025 (source : Euromonitor).
Gageons qu’en 2026, les prosumers (ces particuliers qui deviennent experts d’un domaine) seront de plus en plus nombreux, avec une démocratisation dans les foyers de machines espresso aux réglages techniques, des moulins à café électriques précis et même de balance-chronomètre pour les pour-over
🧊 Le RTD explose
Jusqu’ici assez confidentielles, les cafés ready-to-drink (prêts à boire / RTD) gagnent du terrain, notamment chez les jeunes générations. Le RTD a été popularisé par les cocktails, disponibles maintenant en canette au supermarché ou en épicerie, et non plus uniquement dans un bar après l’avoir commandé au serveur.
En version café, ça donne des bouteilles de cold brew à acheter au supermarché et à savourer à toute heure de la journée, plus uniquement à la pause café !
Si on veut parler chiffre, le marché mondial du café RTD était estimé à 26,2 milliards de dollars en 2024, avec un taux de croissance projeté de 7,2 % par an sur les 10 années à venir (Global Market Insights Inc). C’est énorme !
💡 À lire sur le sujet : Exploring RTD Cold Brew’s Rising Popularity – Perfect Daily Grind

🌸 Des cafés plus légers et fruités
Exit les torréfactions trop foncées ! Les consommateurs semblent de mieux en mieux s’accommoder des cafés aux notes florales, fruitées ou sucrées naturelles, reflétant le terroir. On parle parfois de « profil scandinave » pour ces cafés.
Très portés sur le café filtre, les Nordiques sont en effet bien plus habitués à un café léger, aromatique et acidulé là où le reste du monde associait encore jusqu’à peu : café = noir = amer. Il semblerait que cela soit entrain de changer, et la popularité des méthodes d’extraction douce comme le V60 n’y est sûrement pas pour rien !
💡 À lire : Les différentes couleurs de torréfaction du café
🧘 Le retour en grâce du décaféiné
Le café décaféiné se débarrasse enfin de son image fade. Longtemps relégué à une voie de compromis, il semble connaître aujourd’hui une véritable renaissance, notamment grâce à une meilleure compréhension des procédés de décaféination.
Grâce aux procédés à l’eau ou au CO₂ les arômes sont mieux préservés, pour un résultat sans solvants chimiques (cf tendance n°1). Le marché mondial du déca devrait passer de 2,39 milliards de dollars en 2024 à ~ 3,28 milliards en 2030 selon Grand View Research.
Symbole de cette montée en gamme, Weihong Zhang a remporté la U.S. Brewers Cup de 2025 avec un décaféiné. Une première historique !
Sprudge

🔬 L’innovation s’invite partout
Comme beaucoup d’aspect de nos vies, le café devient un terrain de jeu pour la technologie :

- machines connectées capables d’adapter la recette à votre goût, comme la Lavazza A Modo Mio Voicy
- applications mobiles pour suivre l’extraction et la mouture,
- programme d’extraction boostée à l’IA (même si on ne sait pas toujours ce que cela veut dire),
Les fabricants tentent alors de vendre à la fois des machines “intelligentes” aussi précises qu’un barista, et les outils pour aider les particuliers à recréer chez eux des cafés très « techniques ». À la fac de Palermo, à Buenos Aires, c’est d’ores et déjà un robot, BotMe Coffee, qui sert les cappuccino des étudiants !
Cette innovation technologique s’applique aussi du côté de la récolte d’ailleurs. Des outils sont développés pour aider les caféiculteurs tout en répondant aux enjeux environnementaux :
- création d’un piège prototype à reconnaissance visuelle pour cibler certains nuisibles sans recourir à des pesticides (arxiv – Cornell University)
- cuves de fermentation connectées pour mieux maîtriser et harmoniser les paramètre de la maturation du grain de café (Food Research International – Silva et al., 2020)
🧪 Fermentation et expérimentation
La co-fermentation s’impose comme un champ d’expérimentation majeur. Cette technique consiste à faire fermenter les grains de café avec d’autres ingrédients comme des fruits, des levures sélectionnées ou des extraits naturels :

- En Colombie, Bryan Alvear (San Adolfo, Huila) a créé des lots co-fermentés avec fraises, combinant fermentation anaérobie et inoculation contrôlée. Quindío Coffee de son côté explore des versions “pastèque”.
- En Amérique centrale, la ferme La Chumeca au Costa Rica expérimente l’ajout de cacao et de cannelle dans des cuves inox à température contrôlée,
- Au Brésil, Daterra Coffee teste des ferments issus de levures de fruits tropicaux.
Mais la pratique reste controversée : certaines compétitions de café (comme le Best of Panama) ont dû clarifier leur règlement pour distinguer les cafés “naturels” de ceux co-fermentés, considérés comme “altérés”. Les défenseurs y voient un outil de différenciation et de valeur ajoutée (les prix à la tasse peuvent être multipliés par deux) ; tandis que les puristes parlent d’une “œnologisation” du café.
💡 Entre innovation technologique et recherche sensorielle, la co-fermentation s’impose comme un marqueur fort de la créativité post-2025 dans le café de spécialité.
🧀 Le pairing café et fromage
Une association culinaire qui hérissera le poil sur la tête de certains … ou qui au contraire, vous fera saliver ! Longtemps réservé à la bière craft, le fromage s’invite maintenant dans des dégustations en accord avec des cafés. Même si dans le Nord, cela fait longtemps qu’on trempe sa tartine de maroilles dans son café du matin 😉
Pour Cédric, du Petit Journal du Café, une règle simple pour se lancer est d’appairer les produits par leur force : « fromage puissant, café plus intense ; fromage délicat, café plus léger« . Alors, prêts à tenter l’expérience fromage café de votre côté ? Ou c’est encore trop tôt ?
💡 À Bruxelles, OK Coffee propose des ateliers « accords harcords » sur le produit laitier préféré des Français.
Conclusion : 2026, l’année du café éveillé ?
Le café entre dans une ère de conscience et de curiosité. On veut comprendre, déguster, comparer, innover … tout en respectant les producteurs et la planète.
Entre durabilité, technologie et plaisir sensoriel, 2026 promet d’être une année passionnante pour tous les amoureux du café.
Et si vous souhaitez découvrir des cafés durables, fraîchement torréfiés et pleins de caractère, découvrez la sélection Javry : des grains bio, des origines uniques et des profils de goût pour tous les palais.
